Faire mes travaux électriques moi-même au Québec ?

Puis-je faire mes travaux d'électricité moi-même au Québec ?
Non, sauf exceptions mineures. Contrairement à d'autres types de rénovations, la loi québécoise retire spécifiquement l'électricité du droit général des propriétaires de faire leurs propres travaux dans leur maison. Ouvrir un panneau, ajouter un circuit ou installer une borne de recharge reste réservé à un entrepreneur licencié, même chez vous, même pour un « petit » travail.
Voici ce que dit vraiment la loi, ce que vous pouvez faire sans problème, et ce que ça coûte de l'ignorer.
Ce que dit la loi (et pourquoi l'électricité fait exception)
La Loi sur le bâtiment pose la règle générale : personne ne peut agir comme entrepreneur en construction sans détenir une licence valide. C'est l'article 46 qui l'établit.
La loi prévoit ensuite une exception logique : un propriétaire qui exécute des travaux dans sa propre maison unifamiliale, pour son usage personnel, n'a généralement pas besoin d'être lui-même entrepreneur licencié. C'est ce qui permet à un propriétaire de refaire son plancher ou de monter une cloison sans licence RBQ.
Mais l'article 49 de cette même loi retranche explicitement trois domaines de cette exception : le gaz, les équipements pétroliers, et l'électricité. Autrement dit, même dans le cas où la loi vous laisserait normalement bricoler chez vous, l'installation électrique reste un travail d'entrepreneur licencié. Ce n'est pas un oubli ni une zone grise, c'est écrit noir sur blanc.
Pour exécuter des travaux électriques, l'entrepreneur doit détenir la licence de sous-catégorie 16, émise par la Corporation des maîtres électriciens du Québec (CMEQ), mandataire du gouvernement pour qualifier les entrepreneurs électriciens.
Ce que vous pouvez faire vous-même
Dans les faits, le bon sens s'applique aux tâches qui ne touchent ni au câblage, ni au calibre du disjoncteur, ni à la charge du circuit :
- Remplacer une ampoule
- Remplacer une plaque (le cache décoratif) de prise ou d'interrupteur, pas le dispositif lui-même
- Remplacer un détecteur de fumée à pile
- Brancher un appareil, y compris une borne de recharge de niveau 1 (120 V), sur une prise déjà existante

Ce qui exige un maître électricien
Dès qu'un des éléments suivants entre en jeu, vous sortez du cadre permis :
- Ouvrir ou modifier le panneau électrique
- Ajouter, déplacer ou prolonger un circuit
- Installer une borne de recharge de niveau 2 ou 3, qui nécessite un circuit 240 V dédié
- Remplacer un disjoncteur par un ampérage différent
- Alimenter un garage détaché, un cabanon ou une piscine
- Toute construction neuve ou rénovation touchant l'installation électrique
Et si c'est un commerce ou un immeuble à logements ?
La même règle s'applique, en plus stricte : un propriétaire commercial n'a même pas l'exception résidentielle de l'article 49, puisque celle-ci vise spécifiquement la maison unifamiliale à usage personnel. Pour un restaurant, un commerce de détail ou un immeuble locatif, tout travail électrique — même mineur — passe par un entrepreneur licencié, généralement avec des exigences additionnelles côté code de prévention incendie et charges commerciales.
Les risques réels si vous le faites quand même
Le risque d'incendie. Selon le gouvernement du Québec, les appareils électriques et l'équipement de distribution d'électricité sont la source de chaleur dans plus de 23 % des incendies résidentiels déclarés dans la province. Une installation mal exécutée n'est pas juste non conforme sur papier, c'est un risque concret.
Les amendes. Une infraction constatée à la Loi sur le bâtiment expose à des amendes qui, selon un reportage de La Facture (Radio-Canada), varient de 1 147 $ à 5 700 $.
Le refus d'assurance. C'est souvent le risque le plus coûteux. La conformité aux normes est une clause standard des contrats d'assurance habitation au Québec. En cas de sinistre, l'assureur envoie un inspecteur : si les travaux n'ont pas été faits par un entrepreneur licencié, la réclamation peut être refusée, peu importe le nombre d'années écoulées.
Le vice caché lors d'une vente. Des travaux électriques non conformes découverts par un acheteur ou son inspecteur peuvent être traités comme un vice caché, avec un recours possible jusqu'à 10 ans après la transaction.
Ce qui change avec le Code de construction 2026
Le chapitre V (Électricité) du Code de construction du Québec a été mis à jour, avec entrée en vigueur le 26 mars 2026. Une période de transition permet encore d'appliquer l'édition 2018 pour les travaux commencés avant le 26 septembre 2026, après cette date, tous les nouveaux travaux devront respecter le Code canadien de l'électricité, 25e édition (modifié Québec).
Concrètement, pour un propriétaire, ça veut dire que les exigences de protection (AFCI dans les chambres, GFCI en cuisine, salle de bain et extérieur) continuent de se resserrer, et qu'une installation faite « il y a quelques années » peut ne plus être au niveau, un point qu'un maître électricien vérifie systématiquement lors d'une inspection de panneau.
Comment vérifier qu'un entrepreneur est en règle
Avant de signer quoi que ce soit, deux vérifications de cinq minutes :
- Le registre des détenteurs de licence de la RBQ — confirmez que la licence est active et inclut la sous-catégorie 16.
- Le répertoire de la CMEQ — pour trouver un maître électricien certifié dans votre secteur.
À titre d'exemple, la licence d'Albo Électrique : RBQ 5726-1521-01, est vérifiable en tout temps sur ce registre. C'est le réflexe à avoir avec n'importe quel entrepreneur, pas seulement le nôtre.
Questions fréquentes
Puis-je installer moi-même une borne de recharge niveau 1 ou niveau 2 ?
Une borne niveau 1 (120 V) se branche sur une prise existante comme n'importe quel appareil, aucun travail électrique requis. Une borne niveau 2 ou 3 nécessite un circuit 240 V dédié, donc un maître électricien.
Qu'est-ce que je risque si je fais mes travaux électriques sans licence et que personne ne le sait ?
Le problème survient au moment d'un sinistre, d'une vente ou d'une inspection : refus d'assurance, recours pour vice caché, ou avis de correction de la RBQ.
Un permis municipal remplace-t-il l'obligation d'avoir un entrepreneur licencié ?
Non. Ce sont deux obligations distinctes. Le permis municipal ne remplace jamais l'exigence légale d'un entrepreneur détenant la sous-catégorie 16.
Le Code de construction 2026 change-t-il les règles pour les propriétaires ?
Il resserre les exigences techniques (protections AFCI/GFCI, mise en conformité), mais ne change rien à l'obligation de base : l'installation électrique reste réservée à un entrepreneur licencié.
Comment savoir si mon panneau actuel est conforme ?
La seule façon fiable est une inspection par un maître électricien, qui peut identifier les non-conformités avant qu'elles causent un problème avec votre assureur ou lors d'une vente.
Besoin d'un maître électricien pour votre projet ?
Que ce soit une mise à niveau de panneau, une borne de recharge ou une rénovation complète, Albo Électrique s'occupe de tout, dans les règles, avec la déclaration de travaux faite en bonne et due forme. Voyez nos réalisations récentes ou contactez-nous pour une soumission.
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